« C’est vraiment moi ça ? »
Je vous pose une question simple.
La dernière fois que vous avez vu une photo de vous (une vraie, pas un selfie retravaillé pendant vingt minutes) quelle a été votre première pensée ?
Pour la grande majorité des femmes que j’accompagne, la réponse arrive sans réfléchir : « C’est vraiment moi ça ? »
Parce qu’il se passe quelque chose de très précis dans votre cerveau quand vous vous voyez en photo, quelque chose que j’ai mis des années à comprendre, y compris sur moi-même.
Ce n’est pas un problème de visage ni un problème d’appareil photo.
C’est un problème de perception.
Et la bonne nouvelle ? La perception, ça se comprend. Et ce qu’on comprend, on peut le regarder autrement.
Raison n°1 : Vous ne vous êtes jamais vue telle que les autres vous voient
Voici quelque chose que personne ne vous a peut-être jamais dit clairement.
Depuis que vous êtes née, vous vous regardez dans les miroirs. Chaque matin, chaque soir. Des milliers d’heures à observer votre reflet. Sauf que ce reflet, il est inversé. Ce que vous voyez dans un miroir, c’est votre visage en mode miroir (la gauche à droite, la droite à gauche).
Une photo, elle, vous montre votre visage tel que les autres le voient. Tel qu’il est réellement dans l’espace.
Votre cerveau, lui, il ne connaît que la version miroir. Alors quand il tombe sur une photo de vous, il reçoit une image qui lui est étrangère, qui ne correspond pas au modèle stocké depuis l’enfance. Il dit : « Attends, ça ne ressemble pas tout à fait à ce que je connais. »
Ce malaise que vous ressentez devant une photo de vous ? Ce n’est pas la preuve que vous êtes moins bien en vrai. C’est la preuve que votre cerveau est fidèle à une image qu’il a construite.
Ce que ça veut dire concrètement : les autres ne voient pas ce que vous voyez quand vous vous regardez. Ils voient la version non-inversée, celle qui leur est familière depuis qu’ils vous connaissent. Et c’est cette version-là qui leur semble naturelle, reconnaissable, belle.
Raison n°2 : Votre cerveau est câblé pour chercher les problèmes
Il y a quelques milliers d’années, votre cerveau avait un job principal : vous garder en vie.
Pour ça, il devait détecter les menaces en priorité. Le prédateur dans les buissons. Le membre hostile du groupe. Le danger qui approche. Ce mécanisme, les neuroscientifiques l’appellent le biais de négativité (notre tendance naturelle à accorder plus de poids aux informations négatives qu’aux positives).
Ce mécanisme a probablement sauvé la vie de vos ancêtres. Mais dans votre quotidien de 2025, il fait quelque chose de moins utile : quand vous regardez une photo de vous, votre cerveau scanne l’image à la recherche de ce qu’il perçoit comme un « défaut ». Et quand il en trouve un, il y revient. En boucle. Il zoome dessus. Il l’amplifie.
Pendant ce temps, il ignore presque complètement tout le reste (la lumière dans vos yeux, votre sourire, votre présence, l’énergie que vous dégagez).
Ce n’est pas de la lucidité. Ce n’est pas vous qui « voyez les choses telles qu’elles sont ». C’est un mécanisme de survie qui s’emballe dans un contexte pour lequel il n’a pas été conçu.
Ce que ça veut dire concrètement : la personne qui vous regarde sur cette photo n’a pas ce biais. Elle ne cherche pas les défauts. Elle voit l’ensemble. Et l’ensemble, souvent, est bien plus lumineux que ce que votre radar de survie vous montre.
Raison n°3 : L’image que vous avez de vous n’est pas une image
C’est peut-être la raison la plus subtile et la plus puissante.
Dans votre tête, vous avez une représentation de vous-même. Mais cette représentation n’est pas une photo. Ce n’est pas statique. Ce n’est pas précis. C’est quelque chose de composite, fait de fragments : un souvenir de vous à 15 ans, une sensation dans votre corps, la façon dont quelqu’un vous a regardée un jour, une émotion attachée à un moment particulier.
Cette image intérieure est chargée de sens, d’histoire, d’émotions. Elle porte vos doutes, vos réussites, vos transformations. Elle est vivante.
Une photo, elle, fige un instant. Un 1/125ème de seconde. Elle capture une lumière, une expression, un angle. Elle ne peut pas contenir tout ce que vous portez.
Alors quand vous regardez une photo de vous, une partie de vous compare ce carré figé à cette image intérieure riche, vivante, impossible à saisir. Et forcément, la photo semble « fausse ». Pas à votre hauteur. Pas vraiment vous.
Ce que ça veut dire concrètement : aucune photo ne sera jamais « vous » au sens plein du terme. Mais une bonne photo peut capturer quelque chose de vrai (une lumière dans le regard, un moment d’abandon, une présence). Et c’est déjà beaucoup.
Ce que tout ça change (si vous le laissez changer quelque chose)
Ces trois mécanismes (le miroir inversé, le biais de négativité, l’image composite intérieure) fonctionnent ensemble, en boucle. Ils se renforcent mutuellement. Et ils créent cette conviction silencieuse que vous « ne faites pas de bonnes photos ».
Mais cette conviction n’est pas un fait. C’est une interprétation construite sur des bases qui n’ont rien à voir avec ce que les autres voient.
Les autres ne voient pas votre miroir inversé. Ils n’ont pas votre biais de négativité sur votre propre visage. Ils ne portent pas votre image intérieure. Quand ils vous regardent, ils voient simplement quelqu’un.
Et souvent, ce quelqu’un les touche bien plus qu’ils ne le montrent.
Mon travail : créer les conditions pour que vous puissiez être vous
En tant que photographe spécialisée dans les portraits d’entrepreneures, de femmes qui souhaitent travailler sur leur image, de familles, mon rôle ne consiste pas à vous transformer.
Il n’y a rien à transformer.
Mon rôle, c’est de créer les conditions pour que vous puissiez être vraiment vous devant un objectif. Qu’il y ait assez de sécurité, de douceur, et de présence dans la séance pour que votre cerveau puisse baisser ses gardes.
Parce que quand ça arrive (et ça arrive toujours à un moment ou un autre) ce qu’on capture n’est plus une pose. C’est quelque chose de réel.
Et cette version-là est photogénique. Elle l’a toujours été.
Pour aller plus loin
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous avez lu, je vous invite à explorer deux choses :
1. Regardez vos anciennes photos différemment. La prochaine fois que vous tombez sur une photo de vous que vous n’aimez pas, demandez-vous : est-ce que je vois ce que les autres voient, ou est-ce que je vois à travers mes trois filtres ?
2. Donnez-vous l’expérience d’une séance photo pensée pour vous. Pas pour une image LinkedIn parfaite (même si elle sera belle). Mais pour vivre ce moment où vous vous voyez autrement — et où vous commencez, peut-être, à vous regarder avec un peu plus de douceur.
Je propose des séances portrait à Vannes et dans le Morbihan pour les entrepreneures, les particuliers et les familles. Si ce sujet vous touche, je serais heureuse d’en discuter avec vous.


